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Ramuntxo Garbisu - 17/09/2010 | eitb.com | 

La décontamination radioactive de l'ancien site industriel du Port de Bayonne est estimée à plusieurs fois le prix que demande l'industriel pour "abandonner le site", selon l'élu Verts de la Région.


Fertiladour directores Baiona

Les dirigeants de Fertiladour à leur sortie de la sous-Préfecture de Bayonne. Photo : EITB

 

C'est visages tirés et mines contrites que les dirigeants de l'ancienne usine Fertiladour du Boucau ont quitté vers 18h30 ce jeudi le siège de la sous-préfecture de Bayonne, dans lequel les avaient rejoint les principaux services d'Etat et de la Région concernés par la procédure de décontamination radioactive de ce site du Port de Bayonne (Pays Basque nord).

Une heure et demie durant, ils eurent à confronter leurs travaux d'assainissement réalisés depuis 2000, suite aux diverses injonctions préfectorales qui ont contraint cette filiale Agriva du groupe Roullier à faire face à ses responsabilités, à une première synthèse de la contre-étude de l'ACRO, tel que déjà remise au Conseil Régional le 6 septembre dernier.

Représentant la Région, l'élu Verts Patrick Du Fau de La Mothe, en charge des Infrastructures pour l'Aquitaine, a confirmé que "des écarts" existaient bien entre les résultats transmis par l'industriel et les conclusions du laboratoire indépendant missionné par l'exécutif aquitain.

Le refus de l'achat des 8 hectares du site n'a donc pu être remis en question par la direction de Fertiladour, qui espérait pouvoir le négocier à 6 millions d'euros.

"La dépollution encore nécessaire pour qui y accueillir le projet industriel pressenti est aujourd'hui estimé à une somme plusieurs fois supérieure au montant de vente", a déclaré Patrick Du Fau de La Mothe, pour un montant qui ne serait pas inférieur à 20 millions d'euros.

La direction de Fertiladour aura bien plaidé avoir mené une dépollution "au-delà que ce qui était demandé", mais cette ligne de défense n'a pas été suffisante pour inverser la position de la Région.

Ce moment de vérité entre l'industriel et des scientifiques, qui devait permettre de "faire taire la démagogie et la suspicion", n'a guère pu s'appuyer sur des éléments plus probants de la part de la DRIRE ou des services régionaux du Port.

Si, durant cette rencontre, Michel Amiel a continué à plaider sur le strict respect de l'exigence préfectorale en terme de résorbtion de la contamination radioactive, il a également dû reconnaitre que 4 des 5 sondages de la radioactivité des eaux pluviales étaient hors d'état de fonctionnement en juillet 2010, à l'arrivée des techniciens de l'ACRO.

Dans ces conditions, les seuls contrôles qu'il était chargé de produire officiellement tous les 6 mois semblent avoir été "Contrôle C - Contrôle V", c'est à dire le "Copié - Collé" des états de surveillance antérieurs.

Les services régionaux du Port, dirigés par Pascal Agostini, auront sans doute quant à eux à justifier leur analyse d'un "compromis de dépollution acceptable" du site industriel, qui n'aurait pas dû en toute vraisemblance correspondre en l'état à la demande de la Région Aquitaine.

Les résultats définitifs de l'ACRO ne seront connus que vers la fin du mois de septembre.

Le sous-Préfet des Pyrénées Atlantiques, Laurent Nuñez, aura dès lors toutes les cartes en main pour prendre la décision ou non d'exiger des procédures complémentaires, ou de s'en tenir à sa première version d'une "polémique outrancière et inacceptable".

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