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Les fiches Stic de J.Hallyday et de J.Debbouze, publiées partiellement par Bakchich, ont valu au commandant Pichon une garde à vue musclée et un conseil de discipline joué d’avance… En attendant une révocation ?

Le 5 octobre 2008, Bakchich publiait un article intitulé Tous fichés, même les potes de Nicolas Sarkozy. On découvrait que même des gens aussi connus que Johnny Hallyday et Jamel Debbouze faisaient l’objet d’un fichage parfaitement illégal dans le fameux Système de Traitement des Infractions Constatées (STIC).

Le Stic est le plus gros fichier informatisé de la police où auteurs de délits, mis en cause et victimes se côtoient. Soit 33 millions de personnes, c’est-à-dire un Français sur deux. Toutes les enquêtes, même sans suite judiciaire, concernant les crimes et les délits sont recensées dans cet inventaire à la Prévert.

Mais ce fichage ne prête guère à sourire. D’après les rapports de la Commission Nationale Informatique et Liberté (CNIL), ces fiches ne sont qu’exceptionnellement mises à jour. Gare à celui qui, à 14 ans, a volé une mobylette ! On assiste à la mise en place d’un casier judiciaire parallèle, non contrôlé, mélangeant le vrai et le faux, l’info et l’intox. Quand ces fichiers n’intègrent pas tout simplement des opinions politiques, des orientations sexuelles ou des appartenances syndicales.

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En 2005, l’ancien patron de la police nationale Michel Gaudin décrit à ses ouailles l’ensemble des données personnelles utilisables dans le Stic - JPG - 41.8 ko

En 2005, l’ancien patron de la police nationale Michel Gaudin décrit à ses ouailles l’ensemble des données personnelles utilisables dans le Stic

Protège-nous de la tentation !

Premier souci, les flics, qui s’ennuient parfois dans les commissariats, consultent, par simple curiosité, les fiches des amis, voisins, stars préférées et autres. Gênant ! Ainsi, les fins limiers de l’IGPN, la police des polices, appelée communément Bœufs-carotte, ont mis à jour, dans le dossier qui nous concerne, 610 consultations illégitimes pour Debbouze et seulement 543 pour le pauvre Jean-Philippe Smet, alias Halliday. Parmi ces curieux, figurait une fliquette d’Angoulême qui s’embêtait ferme et collectionnait, à domicile et dans un grand classeur, les fiches de ses héros préférés.

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Du beau monde derrière les barreaux

© Pakman

Pourquoi le seul commandant Pichon a subi les foudres de sa hiérarchie, alors que les autres, pris en défaut, n’ont jamais été inquiétés, sauf sa collègue du Sud-Ouest, punie d’un blâme ? Cet officier aurait-il vendu ces fiches à des boites de renseignement économique, comme le font beaucoup de ses chefs – comme l’a révélé l’affaire du commissaire divisionnaire Moigne ? Et bien non, jamais la moindre contrepartie, financière ou autre, n’a été versée à ce policier par notre site internet ou par qui que ce soit.

La seule motivation de ce commandant de police était que le scandale du Stic éclate enfin sur la place publique.

D’ailleurs, nous n’avons publié qu’une partie du contenu de ces fiches qui faisaient allusion à bon nombre de rumeurs. Et encore, seulement après avoir contacté les agents de Debbouze et d’Hallyday pour les avertir de notre démarche, qui ne leur a pas semblé scandaleuse.

Vivons cachés

Les membres de la commission de discipline qui, jeudi 26 février, ont proposé une mise à la retraite d’office du commandant Pichon ont ironisé sur son goût pour l’écriture. Nommé à Coulommiers en Seine-et-Marne, Philippe Pichon a cru que des rapports argumentés sur les dérives du Stic auraient, en interne, plus de poids que les rapports de la Cnil, que personne n’écoute plus depuis belle lurette.

Le paradoxe de la mise à mort administrative de Philippe Pichon, à laquelle on assiste aujourd’hui, est la brillante carrière de cet officier, fort bien noté pendant vingt ans. Est même venu en témoigner, lors du conseil de discipline de jeudi 26 février, un général de gendarmerie, sous les ordres duquel ce dernier avait servi.

Philippe Pichon voudrait l'institution policière transparente. D’où cette volonté de témoigner qui a, parfois dans le passé, déplu à certains de ses chefs. Durant la dernière campagne présidentielle, ce policier atypique fut l’auteur d’un livre à succès Journal d’un flic, marqué par une centaine de recensions : JT de 20 heures, la plupart des radios, une page entière dans le Monde la der de libération, le Parisien, Ruquier…

Et dans cet ouvrage, il plaidait, en termes mesurés, pour une police plus humaine et plus efficace.

Chargé, le 12 octobre 2005, par note de son chef de service, Jean-François Muller, « de veiller au strict respect des instructions encadrant le Stic », le commandant s’exécute et rend compte, en février 2007, de ses investigations internes dans un rapport de quatre pages. Résultat : la situation du Stic dans la circonscription de police de Coulommiers n’est pas conforme aux textes.

Apparemment, ce point de vue est partagé par sa haute hiérarchie, comme en témoignent les notes de service qui se multiplient en 2007 et 2008, émanant de la Direction centrale de la sécurité publique (DCSP) que Bakchich a pu consulter. Sauf que la situation ne change ni à Coulommiers, ni dans l’hexagone. Le chef de service de Pichon admet, le 5 décembre 2007, que des « consultations sauvages » du Stic se poursuivent sans grande conséquence disciplinaire pour leurs auteurs.

Exit Pichon. Mais qu’importe ! Il n’y a finalement que cet officier graphomane et 33 millions de Français pour se sentir concernés par les graves dérives du principal fichier de la police !

mercredi 4 mars (Backich)

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