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Ramuntxo Garbisu - 15/09/2010 | eitb.com |

La Préfecture des Pyrénées Atlantiques estime que, dans ce dossier, l'affirmation de l'incompétence ou de la complicité des services de l'Etat sont "sans fondement". Ça va mieux en l'écrivant... 


fertiladour bokale abril 2009

La Préfecture estime ''sans fondement'' les accusations portées contre l'Etat sur Fertiladour. EITB

 

C'est par un communiqué de presse ce mardi après-midi que la Préfecture des Pyrénées Atlantiques a estimé de son devoir de "répondre à des informations erronées communiquées par voie de presse" sur ce dossier de l'ancienne usine Fertiladour, dont l'achat a été abandonné par le Conseil Régional depuis la prise de connaissance des résultats semble-t-il consternants d'une contre-étude du laboratoire de l'ACRO lundi dernier sur sa pollution radioactive.

[Rectificatif : communication écrite portant entête du Préfet, Philippe Rey, cité dans notre première version de l'article, il s'avère que c'est le nouveau sous-Préfet de Bayonne, Laurent Nuñez, qui en assume la paternité. Le texte ci-après a donc été modifié en conséquence]

Saisi par l'autorité régionale, le Préfet a donc été invité à faire l'examen du respect des arrêtés préfectoraux contraignant l'industriel, depuis 1997, à procéder à la décontamination du site pollué par une activité de broyage de terres rares, riches naturellement en thorium.

De son côté, le 7 septembre dernier, le Collectif d'Associations de Défense de l'Environnement (CADE), à l'origine de la révélation du scandale en 1997, a produit devant la presse locale les preuves de ce qui a été présenté comme un véritable projet de minimisation des contraintes pour l'industriel.

Y aurait donc été sacrifiée une réelle analyse du terrain de 7,5 hectares, que la société AGRIVA, filiale du groupe Roullier, entend bien abandonner à la Région Aquitaine au profit d'un chèque de 6 millions d'euros.

Pour le sous-Préfet Laurent Nuñez, ces affirmations seraient "sans fondement", et parce que sa prise de positions ne doit laisser place à aucune ambiguité, il affirme que "les contraintes imposées à l'exploitant n'ont été en aucune façon allégées au regard des obligations réglementaires en matière de radioprotection, et l'exploitant a procédé aux travaux requis".

Ne niant pas que le dossier final de la contre-étude n'est absolument pas finalisé, et que seule une synthèse orale a été présentée à l'exécutif aquitain, Laurent Nuñez pense savoir que "selon les informations obtenues, quelques écarts apparaissent entre les mesures faites par l'entreprise et celles commandées par le Conseil Régional".

Une réunion préalable entre le Préfet et la DRIRE, visée dans ce dossier, permettrait de l'affirmer : "Les écarts précités dont les services de l'Etat ont pu avoir connaissance ne présentent pas de danger pour les personnes".

De quoi conclure que "les affirmations à l'encontre de la DRIRE (aujourd'hui DREAL) et plus généralement de l'Etat, laissant entendre "l'occultation des graves irrégularités de l'entreprise et des interventions de la DRIRE ne visant qu'à fournir des échappatoires à l'industriel" ou encore "l'incompétence" voir la "complicité", sont sans fondement et relèvent d'une polémique outrancière et inacceptable".

Dont acte.

Quoi que... 

La semaine passée, le CADE proposait à la Région, voire à la justice, de lister l'ensemble des documents "oubliés" par la DRIRE dans le dossier de cessation d'activités, et d'en faire une lecture plus précise.

Contactée par notre rédaction, l'invitation pourrait donc s'étendre au Préfet, a réagi son porte-parole Victor Pachon, surpris par autant d'empressement à faire désormais corps entre services d'Etat, après avoir laissé ce dossier jaunir dans les bureaux de la Préfecture.

Sans doute le sous-Préfet a-t-il pu compléter son jugement en lisant de manière attentive notre dossier "Fertiladour restera le cauchemar des autruches", qui comme le CADE, relève de troublantes "omissions".

Le principe de précaution souhaité par la volonté préfectorale, pris en défaut par ses principaux représentants locaux, au seul profit de l'industriel, est la conclusion à laquelle nous sommes également arrivés, et que nous nous permettrons de maintenir.

La relecture nonchalante du seul article 2 de l'arrêté préfectoral du 16 novembre 1998, si souvent "oublié" par l'inspecteur de la DRIRE, Michel Amiel, aurait dû attirer la méfiance du sous-Préfet quand on y lit que la décontamination du site exige "un niveau de radioactivité résiduelle de 5 becquerel par gramme".

Nous ne saurions trop lui conseiller de louer un marteau-piqueur pour fendre avec ardeur le sarcophage de scories qui recouvre les 11.000 mètres cube de terres contaminées.

Et de se pencher, un peu, pas trop tout même...

Malgré tous les "efforts" déployés par les services de l'Etat, c'est encore extrêmement risqué...

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