Overblog Suivre ce blog
Editer la page Administration Créer mon blog
/ / /



Je suis en colère ! J’avais juré de ne pas écouter le discours de Sarkozy sur les terres de son dauphin quasi-désigné Xavier Bertrand, et je m’y suis tenu.

Mais ce matin, j’ai bien été obligé de subir les commentaires d’individus qui se proclament “journalistes”. Et là c’est un festival. Mais comment osent-il ? Comment peuvent-ils se regarder dans la glace après avoir rapporté, protégés par la sacro-sainte “objectivité” dans laquelle ils sont prompts à se draper, les propos de Sarkozy, sans les assortir des ricanements ou des commentaires scandalisés qui devraient être indissociables de ce tombereau de scandaleuses billevesées ?

Sarkozy n’aime pas les patrons qui se gavent de stock-options ou de bonus quand l’État les aide et que les français subissent la crise ! Sarkozy qui nous parle d’”éthique”, de “mérite”  ou d‘“honnêteté” ! Et pourquoi, sur sa lancée, ne nous donnerait-il pas de leçon de culture littéraire, de fidélité dans le mariage ou de modestie dans le train de vie ?

Et il n’y en a pas un qui moufte !

Tant pis pour le point Godwin, j’assume. Qu’auraient-ils dit, ces cloportes, si Adolf Hitler, après avoir exterminé 6 millions de juifs, tziganes, homosexuels, handicapés et autres sous-hommes, avait prononcé, sous la pression de la rue, un discours dans lequel il feignait l’indignation et proclamait que les discriminations étaient insupportables ? Auraient-ils rapporté ces propos sans le moindre commentaire outragé ou sarcastique ?

Les plus hardis de nos journalistes de 2009 ont simplement noté que Sarkozy n’a rien proposé de concret pour s’opposer à ces ignominies, et surtout pas de loi.

C’est marrant, c’est presque le seul point qui ne me choque pas ! Il ne faudrait peut-être pas oublier que nous baignons dans un contexte capitaliste et libéral, qu’il existe déjà des milliers de lois qui permettent à des armées de juristes de vivre grassement (ne serait-ce que pour expliquer aux patrons comment les contourner), et que le principe de ces lois est de protéger l’entreprise privée et ses profits. Je souhaite donc bien du courage à celui ou celle qui s’aventurerait à rédiger une loi réglementant l’utilisation de l’argent privé d’une entreprise privée. La seule loi qui vaille, c’est un “revenu maximum”, et ce n’est certes pas Sarkozy qui va le mettre en œuvre !

Je ne peux pas m’empêcher de répéter la petite phrase de Bayrou, seul contestataire agréé par le pouvoir et les médias, ce matin sur France-Info : “Le capitalisme sera moral le jour où les poules auront des dents” (cf , à 4’00) … Le capitalisme, il ne faut pas le “moraliser” (comme le souhaite sans rire Sarkozy)  ni le “réguler” (comme le croit peut-être sincèrement Bayrou) : il faut le remplacer.

Ah oui, mais mon cher monsieur, mais ce qui est grave, c’est que ces entreprises ont reçu des aides publiques, et ça, Sarkozy, Lagarde, Minc et Parisot, ces gauchistes de toujours, le disent sans détour et la bouche en cœur : c’est scandaleux !

Elles ont reçu des aides publiques ? La belle affaire ! Mais ignoriez-vous donc que ça fait des décennies que les entreprises françaises, y compris les plus riches, reçoivent des aides publiques ? Le chiffre de 64 milliards d’euros (de mémoire) a circulé pour 2007. Qu’il s’agisse d’aides directes, de subventions, de “baisses de charges” ou autre subterfuge, c’est de l’argent qui allait auparavant dans les caisses de retraite, dans celles de la sécu, à l’indemnisation du chômage, dans les collectivités locales, les associations et qui, en raison d’une politique fiscale qui applique les dogmes du libéralisme, en reverse une partie toujours croissante qui se retrouve sous forme de bénéfices privés et au final dans les fouilles de patrons ou d’actionnaires. Comment croyez-vous que Bernard Arnault, patron de LVMH, ait pu amasser une fortune de 15 milliards d’euros ? Parce qu’il avait une rémunération de salarié méritant ? Ou alors parce qu’il a voué sa vie aux magouilles financières en tout genre (je vends, je rachète, je vire, je spécule, je complote) , dans laquelle il n’y a aucune place pour l’”éthique”, le “mérite” ou “l’honnêteté” ?

Les français n’ont que très récemment découvert les effets concrets de cette pure provocation antisociale qu’est le bouclier fiscal. Mais ici et ailleurs, ça fait des années qu’on hurle à ce sujet !

La pratique des stock-options (et des golden parachutes)  existe depuis très longtemps. Elle est dégueulasse et indéfendable. Encore plus en cette période de cours boursiers en berne, puisque les chances de toucher le jackpot sont d’autant plus grandes que le cours est bas. Les patrons du CAC40 se les auto-attribuent, et elles ne profitent qu’à une poignée d’oligarques. Elles permettent de s’enrichir sans aucun risque, et poussent le patron à privilégier le cours de bourse et les profits à court terme, au détriment des salariés, fournisseurs et clients. Les aides de l’État ne sont dans ces conditions qu’une anecdote.

Mais le pire de tout, c’est qu’il n’y en a pas un pour dénoncer cette énorme tartufferie dans laquelle se vautrent ceux que j’ai cités et que je recite volontiers : Sarkozy, Lagarde, Minc et Parisot (liste non exhaustive, on pourrait rajouter Villepin par exemple), dont la vie entière est vouée au culte du capitalisme et du saint-pognon. Les trois derniers sont multimillionnaires et se sont, chacun à leur niveau, goinfrés dans des opérations financières desquelles l’”éthique”, le “mérite” et “l’honnêteté” sont complètement absents. Ils ont tous poussé directement ou indirectement des salariés dans le chômage et la misère pour gonfler des profits. Doit-on rappeler à Minc ses multiples OPA plus ou moins foireuses, ou son soutien à Zacharias, scandale vivant, ex PDG de Vinci, exilé fiscal en Suisse, et qui réclame désormais 81 millions d’euros à son ancienne boîte en raison d’un litige justement à propos de stock-options ?

Mais le sujet du jour, c’est Sarkozy ! Un Sarkozy qui, tout petit déjà, portait la cravate et fréquentait la bourgeoisie du 9-2 ! Il réside à Neuilly, la ville des riches qui, en complète illégalité, ne tolère pas de gueux dans des HLM sur son territoire (clin d’oeil à ceux qui exigent des lois : les pauvres sont tenus de s’y conformer sous peine d’embastillement, mais pour les riches, c’est facultatif). Il est avide de pouvoir et de pognon , au point que tous ses biographes attestent du caractère pathologique de cette adoration et de sa volonté post-présidentielle d’aller “dans le privé faire du fric”. La fortune est d’ailleurs l’instrument de mesure qu’il utilise pour jauger ses interlocuteurs : un smicard est une pauvre merde auquel il parle entouré de CRS en imitant le charabia dont il pense qu’il est la langue naturelle du gueux (“Si y’en a qu’ça les démange…” etc). Par contre, il vénère le riche, et lui tricote un bouclier fiscal et un aménagement des frais de succession sur mesure.

Ses révoltes de jeunesse n’étaient pas dirigées contre les injustices sociales : au contraire, son combat à lui, c’est celui des riches, des puissants, des patrons, des rentiers. Il s’immisce parmi les pontes de l’UMP (à l’époque, ça s’appelait UDR puis RPR, mais c’était exactement la même clique de nantis), drague la nièce du maire de Neuilly et finit à force de culot, par occuper le poste au nez et à la barbe de son mentor Pasqua, ce saint-homme pas scandaleux du tout.  Il deviendra plus tard membre du Rotary, comme tous les roturiers.

Il faut dire que dans la famille Sarkozy, on savait ce qu’étaient la morale et le mérite : son frère fut le numéro 2 du MEDEF, sa mère était avocate, il a un demi-frère et une demi-soeur, tous deux banquiers à New York… Il deviendra lui-même, on ne sait trop comment vu son médiocre niveau scolaire, avocat en droit immobilier. Une discipline où l’”éthique”, l‘“honnêteté” et le “mérite” sont comme chacun sait omniprésents. Les témoins de son mariage avec une autre bourgeoise friquée de Neuilly, Cécilia, furent Martin Bouygues et Bernard Arnault, deux milliardaires gavés de stock-options. Qu’on me corrige si je me trompe, mais je crois qu’Arnault détient même le record de France en la matière ! Il considère comme un frère l’héritier Lagardère, celui qui vend ses actions EADS avant que le public soit informé des retards de l’A380. (Ça doit être ce qu’il appelle “éthique”). Et il pousse désormais sa caricature de fils dans ses pas, à la mairie de Neuilly (ça, c’est manifestement “le mérite”…).

Le jour où il a été élu au poste qu’il usurpe actuellement, il n’a pas invité Robert, carrossier en CDD chez Heuliez, ou Dédé, manutentionnaire intérimaire chez Continental, au Café des Sports : il a invité au Fouquet’s, le troquet le plus cher de Paris, de richissimes patrons, qui ont toujours eu une conduite irréprochable, des parangons de l’”éthique”, de l‘“honnêteté” et du “mérite”, dont les entreprises n’ont jamais au grand jamais touché un centime d’argent public… Le lendemain, il part en vacances en utilisant le jet privé puis le yacht de Bolloré, ce milliardaire rapace. Quelques jours plus tard, il auto-multiplie son salaire par trois.. Un peu plus tard, il fait passer le bouclier fiscal à 50%. Il récolte le surnom pertinent de “Bling-bling”. Bon, j’avance de 2 ans, sinon je vais remplir mon disque dur… Et il vient donc de passer un week-end avec sa poule de luxe dans un hôtel mexicain à 50 000 euros (comme sa tocante) , payés par un dirigeant mafieux de Citigroup, la plus grande banque du monde !

Et c’est ce pauvre type, ce tartuffe, ce minus qui vient sans vergogne, sentant la colère populaire qui monte, nous faire part de son prétendu dégoût devant les caméras de télé, nous parler d’”éthique”, d‘“honnêteté” et de “mérite”, protégé des quolibets, si ce n’est du lynchage, par des escouades de Robocops, et sous les commentaires “objectifs” des journalistes !

Je préfère ne pas conclure, je risquerais d’être vulgaire…

(Super no)

Partager cette page

Repost 0
Published by