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Rédaction - 03/11/2010 | eitb.com | 

Une réhabilitation guidée par le projet de masquer sa radioactivité, telle est la conclusion de la contre-étude de l'ACRO sur le site industriel, dévoilée ce mercredi par les élus verts d'Aquitaine.


fertiladour europa ecologia

Les élus aquitains d'Europe Ecologie remontés contre la pollution radioactive de Fertiladour (EITB)

 

Le Conseil Régional d'Aquitaine, en votant la semaine dernière l'annulation des crédits prévus pour le rachat des 7 hectares de l'ancienne usine Fertiladour du Port de Bayonne, a définitivement tourné la page permettant à l'industriel d'empocher 6 millions d'euros en échange d'un site clairement non dépollué, contrairement aux affirmations en cours.

Pour les élus aquitains d'Europe Ecologie venus au Boucau présenter les résultats définitifs de la contre-étude financée par la Région et menée durant l'été 2010 par le laboratoire ACRO de Caen, ces terrains ne représentent absolument pas "une opportunité économique" mais bien "un merdier, pour parler très clairement", s'est lâché Patrick Dufau de la Mothe, vice-Président en responsabilité avec les dossiers Infrastructures portuaires et Finances de l'Aquitaine.

"L'idée que la volonté préfectorale de la dépollution du site soit respectée ne tient plus", a commenté l'élu aux côtés de Monique de Marco, David Grosclaude et Alice Leiciagueçahar, depuis qu'une réelle "décontamination à un niveau normal" de l'ancienne usine de broyage d'engrais et de minéraux ait été chiffrée entre 20 et 30 millions d'euros;

Aura été salué le travail des associations du CADE, d'IDEAL et de ZIP Adour, "lanceurs d'alertes sur ce dossier", ainsi que le travail de la rédaction d'eitb.com, "qui a sans relâche fait connaître l’action des associations et, à de nombreuses occasions, a mis en lumière la plupart des éléments cachés de ce dossier".

Les mesures contradictoires effectuées par le laboratoire indépendant ACRO font apparaitre des zones de contamination radioactive bien supérieures aux affirmations apportées par l'industriel et validées par la structure officielle d'inspection du site, la DREAL d'Anglet (ex-DRIRE).

La technique de confinement par 30 cm de gravier des couches les plus contaminées relève "du seul projet de dissimuler la polllution", susceptible "d'accentuer la pollution radioactive via la décomposition du Radon 222", a expliqué Patrick Dufau de la Mothe, reprenant l'analyse de l'ACRO.

Les élus écologistes ont estimé accablantes les principales conclusions de la contre-étude de l'ACRO.

Pendant des années, 4 des 5 points de mesures de la pollution radioactive de la nappe phréatique étaient hors d'état, sans que la DRIRE n'ait jamais imposé à l'industriel d'effectuer tout de même ces mesures.

10 ans ont été accordés à la société pour "réhabiliter" le site, au lieu des 4 mois initiaux, un délai durant lequel la contamination des bâtiments encore existants aura été niée jusqu'à aujourd'hui.

Et il apparait clairement que l'industriel n'a jamais informé correctement ses salariés des risques encourus au contact de cette monazite riche en thorium, un élément radioactif à la toxicité chimique supérieure à celle de l'uranium et utilisée comme "sable" dans des encadrements bétonnés de l'usine

Plus grave encore : les élus ont remis en cause "l'étude épidémiologique qui aurait été réalisée en avril 1998 sur les salariés mais dont on n'a retrouvé aucune trace dans le dossier".

Si le Conseil Régional a fortement exprimé son refus définitif d'acheter ces terrains, le groupe politique d'Europe Ecologie a annoncé son intention "d'aller plus loin", le dossier de l'ACRO constituant à leurs yeux "une pièce importante et non contestable permettant une action en justice".

L'application du principe "pollueur-payeur", souhaitée par l'exécutif aquitain, reste encore dans le vague, seule la préfecture des Pyrénées Atlantiques ayant un réel pouvoir de police contre l'industriel.

Les élus écologistes estiment aujourd'hui que le lobbying de la Chambre de Commerce et d'Industrie de Bayonne "interroge", tout en affirmant que les ressorts de cette dissimulation trouvent leur logique dans le projet mené localement par les services d'Etat, "on parle tout de même de plusieurs millions d'euros" a souligné Patrick Dufau de la Mothe, mais n'impliquant pas ceux de la Région.

Nous vous donnons rendez-vous demain sur eitb.com pour comprendre comment les verrous ont également été organisés depuis l'intérieur de la délégation régionale du Port, attestant d'une "main invisible" tout autant perturbante que la latitude dont a disposé la société Fertiladour, propriété du groupe breton Roullier, leader européen du marché de l'engrais chimique.

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