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STOP !!

Ca pourrait être le nom d’un produit vaisselle mais qui rendrait les frontières plus propres et surtout plus étanches. Retour sur Frontex, l’agence européenne qui analyse les risques de la migration illégale.

L'Europe avance. Sans que personne ne s’en rende vraiment compte. Depuis 2004, l’Union dispose même d’une agence censée procéder à l’analyse des risques de la migration illégale et au démantèlement de réseaux de passeurs : FRONTEX, pour frontières extérieures, Avec un siège à Varsovie, des bureaux et des bases d’opérations concentrés dans les ports et aéroports, point de départs de nombreux candidats à l’immigration, et une vraie renommée… en Afrique.

Méconnue du grand public européen comme de ses parlementaires – « connaît pas » répondent la plupart des Eurodéputés- elle l’est moins au Burkina Faso, au Sénégal, en Mauritanie, en Libye ou au Cap Vert. Depuis plus de deux ans maintenant, elle procède à de grandes campagnes d’affichages, de prévention « Ne quittez pas illégalement votre pays », « vous risquez la mort ». Petit plus, depuis 2006, Frontex surveille, opère et forme des agents locaux à la surveillance de leurs frontières. Façon de leur mettre le pied à l’étrier.

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© Marc

« Ce n’est pas vraiment une police » répond Mademoiselle A. par téléphone. Cette femme des « Public Relation » de Frontex affirme que ceux qui exercent ce rôle sont les RABBIT (unité d’intervention rapide aux frontières). Eux ont le statut pour interpeller et arrêter des personnes. Sous l’égide de Frontex, ce sont pourtant bien des agents européens de police, des douaniers ou encore des officiers de la brigade financière qui montent dans ces hélicoptères ou ces bateaux et repèrent les migrants. Et répercutent ensuite les informations aux gardes-frontières les plus proches. Sans prendre de pincettes.

Quand en 2006 Claire Rodier du Gisti (groupe d’information et de soutien aux immigrants rencontre un coordinateur de Frontex aux Canaries au moment de l’installation de la structure, elle lui pose la question des modalités d’examens des demandeurs d’asiles une fois repérés en mer.

2008, une bonne année pour Frontex

La réponse est claire : « s’ils sont dans nos eaux, juridiquement, nous devons intervenir. S’ils ne sont pas dans les eaux des pays membres, il n’y a aucune obligation à intervenir ». Ni à les secourir… « Il a fallu 4 ans après la création de cette agence et de multiples opérations avant de se poser la question de la garantie des droits de l’homme ». Pour elle, « c’est un instrument d’externalisation, voir de sous-traitance de la politique d’immigration européenne. » En effet, Frontex ne travaille avec le UNHCR que depuis juin 2008.

2008, une bonne année pour Frontex. 353 passeurs interpellés selon ses dernières statistiques. Et un budget qui a doublé pour passer à 80 millions d’euros. Cela serait-il insuffisant ? Au début, 4 pays appelaient l’Europe au renforcement des moyens de Frontex suite au débarquement record de 300 migrants sur l’Île de Malte le 1er février dernier.


Pour 2009, la Commission lui a fixé des objectifs à la hausse. Et oui l’Europe avance…


vendredi 27 février ( Naïma Amiri)

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