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14 septembre 2015 1 14 /09 /septembre /2015 13:22

Par emma saint-genez

 

Tarnos

La parole es t aux Tarnosiens

Le 2 octobre, les électeurs de la commune diront s'ils souhaitent ou non rejoindre la communauté Côte basque Adour. Réunion publique ce soir et demain.

 Le 4 mai à l'hôtel de ville de Tarnos était présentée l'étude du périmètre pertinent de l'intercommunalité, confiée aux cabinets de Castelnau et Orgeco, ainsi qu'au fiscaliste Pierre Gaultier, moyennant 41 000 euros. photo archives D. L. D.

Le 4 mai à l'hôtel de ville de Tarnos était présentée l'étude du périmètre pertinent de l'intercommunalité, confiée aux cabinets de Castelnau et Orgeco, ainsi qu'au fiscaliste Pierre Gaultier, moyennant 41 000 euros. photo archives D. L. D.

 

Il y a deux ans, c'était encore une vue de l'esprit. Tarnos, l'industrieuse cité landaise aux portes du Pays basque, prête à entrer de plain-pied dans la maison voisine du BAB. Le maire Jean-Marc Lespade parlait de référendum et menaçait de quitter la communauté de communes du Seignanx au sein de laquelle les relations entre les élus se dégradaient à vue d'œil.

Dimanche 2 octobre, ce qui n'était qu'une velléité va s'incarner dans les urnes avec la consultation organisée par la municipalité. De 8 à 18 heures, les treize bureaux de vote de la commune seront ouverts aux électeurs tarnosiens qui devront répondre par « oui » ou « non » à la question suivante : « Au regard de votre vie quotidienne, la commune de Tarnos et la communauté de communes du Seignanx doivent-elles envisager de se joindre à la communauté d'agglomération Cote Basque d'Adour ? »

L'avis de la population

À la différence d'un référendum, la consultation ne sera pas décisionnelle, le découpage intercommunal relevant de l'autorité préfectorale. La municipalité ne sera pas non plus liée par cet avis, mais compte bien le voir peser dans l'élaboration des futurs schémas intercommunaux. « À ma connaissance, il n'y a qu'une dizaine de communes en France qui ont organisé ce genre de consultation, commente le maire Jean-Marc Lespade. Les élus ont malheureusement tendance à penser qu'ils ont la science infuse. Mais sur des sujets aussi importants, nous avons aussi un rôle d'alerte. »

Ce soir et demain jeudi, à 15 jours du scrutin, la municipalité organise deux réunions d'information publiques en présence des cabinets Orgeco et de Castelnau ainsi que du fiscaliste Pierre Gaultier, qui ont mené l'étude préalable sur « le périmètre pertinent d'intercommunalité ».

Présenté en mai, ce diagnostic trace trois hypothèses : un statu quo « difficile à maintenir sur le plan financier », une entrée de Tarnos seule dans l'ACBA (1), au risque de devenir une petite ville aux côtés des plus grandes, ou une intégration de la communauté du Seignanx (2) dans son ensemble.

La « meilleure » solution, selon les rapporteurs de l'étude, est celle que prône le maire de Tarnos : « Il y a certes des résistances, mais l'idée commence à faire son chemin. Il y a des évidences difficiles à ne pas voir ».

Et l'élu communiste de mettre en avant le soutien d'« élus de gauche » dans le département voisin, comme celui du maire d'Anglet, Jean Espilondo, ou du chef de file des socialistes bayonnais, Henri Etcheto. Après avoir ouvert ses bras en 2010 à Boucau et Bidart, l'ACBA se verrait bien aussi intégrer le Seignanx et son potentiel sous la présidence de Jean Grenet, maire UMP de Bayonne.

Le « non » du PS landais

Sauf que les autres élus landais ne l'entendent pas de cette oreille, à commencer par le conseiller général socialiste du canton, Lionel Causse : « Selon nous, cette question n'a pas lieu d'être. C'est une fausse bonne idée. Le Seignanx est d'ailleurs toujours existant dans le schéma que proposele préfet des Landes. C'est un territoire tout à fait pertinent sur lequel il y a beaucoup de projets, d'enjeux et de possibilités. Il faut que nous restions décideurs, ce qui ne nous empêche pas de travailler avec nos partenaires, qu'ils soient au nord ou au sud. C'est sûr qu'il existe des habitudes de vie et des projets en commun. Le Conseil général n'a même jamais autant travaillé avec l'agglomération bayonnaise. Mais il y a aussi des réalités administratives, deux départements qui ont une culture et une histoire différentes. » Sauf aussi que depuis trois ans, la communauté du Seignanx marche au ralenti. Selon ses détracteurs, le maire de Tarnos n'aurait pas digéré de se voir rafler en 2008 la présidence de la communauté de communes par le maire socialiste de Biaudos, Jean-Marc Larre. Jusque-là aux mains des communistes, le canton est aussi tombé dans l'escarcelle des socialistes. Le passage « à marche forcée » de la communauté en taxe professionnelle unique fin 2009, contre l'avis de Tarnos et Saint-Martin-de-Seignanx, a été la goutte d'eau qui a fait déborder le vase. Le pacte conclu du temps de Pierrette Fontenas, ancienne maire PC de Tarnos, qui coiffait aussi le chapeau de présidente de la communauté et de conseillère générale, a volé en éclats. « Sous-représentée » par rapport aux communes rurales, Tarnos - où vivent 11 800 des 24 500 habitants du Seignanx - a commencé à imaginer prendre le large.

Une toile de fond politicienne dont Jean-Marc Lespade assure s'être détaché, les réformes de la taxe professionnelle et des collectivités territoriales passant opportunément par là. « Je rencontre des personnes qui ont des avis très différents et n'ai aucune idée du résultat du scrutin. À l'heure du discrédit de l'action politique, il s'agit de faire en sorte que les habitants se réapproprient le débat et que leur avis influence les représentants de l'État ».

De son côté, l'opposition municipale « Horizon libre » - dans un Conseil déjà divisé entre élus de gauche - dénonce « un référendum inutile et coûteux dont le résultat n'aura aucune emprise sur les décisions préfectorales ». Rendez-vous en 2013 autour de la nouvelle carte.

Réunions publiques à 18 h 30 ce soir à l'hôtel de ville de Tarnos, demain salle Maurice-Thorez. (1) L'ACBA comprend Bayonne, Anglet, Biarritz, Boucau et Bidart. (2) La communauté de communes du Seignanx : Tarnos, Ondres, Saint-Martin-de-Seignanx, Saint-André-de-Seignanx, Biaudos, Saint-Barthélemy, Biarrottte, Saint-Laurent-de-Gosse.

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Published by GROUPE D'ELUS DE GAUCHE TARNOSIENS - dans CA SE PASSE A TARNOS
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